Le doudou, un objet transitionnel, une aide pour grandir

Le doudou, un objet transitionnel, une aide pour grandir

Du traditionnel ours en peluche tout râpé au vieux t-shirt de maman en passant par un bout de couverture, le doudou peut prendre toutes les formes. Cet objet que l’enfant cajole, suce, traîne partout tel un prolongement de son bras tient une place privilégiée dans son univers, il est indispensable au moment du coucher et le perdre serait une catastrophe !

Mais quel est donc ce lien si fort qui existe entre votre enfant et le doudou, cet objet qui peut parfois paraître farfelu aux yeux des adultes ? Quel est le rôle du doudou dans l’éveil de l’enfant, dans son développement psychique et affectif ? Quel doudou choisir ? Et surtout, comment ne pas craindre de le perdre à tout moment ?

L’objet transitionnel

La mère, l’enfant, l’illusion de ne former qu’un

Les premiers mois de sa vie, le nourrisson n’a pas conscience des limites de son propre corps qu’il perçoit comme confondu avec celui de sa mère. C’est ce que le pédiatre et psychanalyste britannique Donald Woods Winnicott[1] a appelé « l’illusion ». L’enfant n’a pas encore conscience de lui-même et de l’autre, il a la sensation que sa mère et lui ne forment qu’un puisqu’il est en état de dépendance absolue et que sa mère répond à tous ses besoins presque instantanément.

La désillusion progressive et la constitution de l’autonomie : l’angoisse du huitième mois

Entre 4 et 12 mois l’enfant commence à prendre conscience qu’il est une personne, qu’il ne constitue pas un tout avec sa mère et qu’ils peuvent donc être séparés. C’est là qu’intervient ce que l’on appelle communément « l’angoisse du huitième mois » ou l’angoisse de séparation. Il peut choisir un objet qui le rassure. Ainsi, le doudou constitue un refuge pour retrouver une sensation de sécurité où qu’il soit, comme un petit bout de maman, de la maison, du cocon familial.

Merveilleux doudou aux multiples pouvoirs, qui par sa force d’évocation, l’aide à opérer la transition entre la présence de sa mère et son absence, entre la maison et l’extérieur, entre l’intime et le monde qui l’entoure. Il agit comme un intermédiaire constant et rassurant qui donne de la force à l’enfant pour affronter le monde et les moments de solitude liés à son angoisse de séparation.

Cependant, tous les enfants n’ont pas besoin d’un doudou, ils peuvent trouver ailleurs le réconfort par un objet de substitution, souvent en suçant leur pouce, une tétine ou encore en manipulant une mèche de cheveux.

Choisir, chérir puis quitter son doudou


Un choix personnel de votre enfant

S’il en a besoin, le petit enfant va lui-même élire son doudou en fonction du sentiment de sécurité que l’objet choisi lui procure, souvent grâce à son odeur familière et sa douceur au toucher.

La manipulation de l’objet donne un sentiment de contrôle à l’enfant et lui permet de faire face à ses angoisses.

A quel âge faut-il arrêter le doudou ?

Il n’y a pas d’âge normal pour arrêter le doudou, votre enfant s’en détachera peu à peu, de lui-même. En grandissant, il pourra de mieux en mieux affronter seul ses petits tracas.

L’école joue pour les petits un rôle central dans la conquête de leur autonomie et leur ouverture aux autres. Lorsque la maîtresse demandera à tous les enfants de déposer leur doudou afin de participer à des activités avec les autres, votre enfant apprendra à se passer de son compagnon et prendra ainsi confiance en lui (et certainement goût à cette nouvelle liberté de mouvement !)

Ce détachement est progressif, il reprendra sûrement son doudou à certains moments, lorsqu’il aura des petits soucis et l’envie de revivre les sensations de quand il était plus petit en retrouvant le pouvoir de réconfort de cet objet rassurant. C’est normal, il s’agit pour lui de se ressourcer, de faire une pause avant de continuer à grandir.

La meilleure façon de l’aider est de tout faire pour qu’il se sente valorisé par le fait de grandir. Aussi, proposez-lui de temps en temps de se passer du doudou, cela amènera progressivement votre enfant à trouver confiance en lui, à voir qu’il peut aussi bien faire sans.

Et surtout, conservez le doudou, plus grand, ce sera un souvenir qui lui rappellera tendrement son enfance et le fera sourire.

À lire aussi : Le lavage du doudou, une étape qui va de soi… ou pas !

* Si vous souhaitez en savoir plus sur l’aire transitionnelle et les objets transitionnels, vous pouvez vous reporter à l’ouvrage « Jeu et réalité» de Donald Woods WINNICOTT. Pédiatre et psychanalyste britannique, c’est lui qui a inventé et défini la notion d’objet transitionnel auquel il accorde une grande importance affective.

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