Hypertension artérielle gravidique : quels risques ?

Hypertension artérielle gravidique : quels risques ?

Maman enceinte atteinte d’hypertension artérielle gravidique : quels sont les conséquences pour mon bébé ?

Marie-Line a posé la question suivante :

« Bonjour docteur, Lors de ma grossesse j’ai fait de l’hypertension artérielle gravidique. Tout s’est bien passé, ma fille est née 3 semaines à l’avance mais en très bonne santé. Aujourd’hui elle a 2 ans et est très nerveuse. Je souhaite savoir si sa nervosité peut éventuellement être due au fait que j’ai présenté de l’hypertension pendant qu’elle était dans mon ventre ? Peut-il y avoir un rapport ? Merci d’avance pour votre réponse. Cordialement. » 

Voici la réponse de la pédiatre :

On appelle hypertension gravidique toute hypertension (tension égale ou supérieure à 14/9) apparue après 20 semaines d’aménorrhée (absence de règles) survenue chez une femme ayant une tension artérielle normale jusque-là.

Deux autres signes peuvent être présents :

  • La présence d’albumine dans les urines, recherchée lors de chaque consultation durant la grossesse.
  • Les œdèmes des membres inférieurs et du visage : chevilles gonflées, visage enflé, prise de poids excessive.

Ces signent indiquent que le rein de la future mère fonctionne mal et leur apparition nécessite la consultation d’urgence d’un gynécologue ou d’un médecin généraliste.

Les conséquences d’une hypertension artérielle gravidique

Les conséquences chez la femme et son bébé peuvent être graves. La future mère risque de faire une crise d’éclampsie, qui ressemble à une crise d’épilepsie : douleur abdominale intense suivie, mouches volantes et bourdonnements d’oreille, maux de tête, puis perte de connaissance avec convulsions.

La menace est également redoutable pour le bébé : hypotrophie (petit poids pour le terme) avec souffrance fœtale ; le fœtus n’étant pas assez nourri par le placenta, il ne grossit et ne grandit pas assez. La mort fœtale in utero peut survenir lors d’un hématome rétro placentaire ou d’une crise d’éclampsie (poussée d’hypertension artérielle). La prématurité, en général due au sauvetage de la mère ou du bébé (hypotrophie sévère), s’associe souvent d’une hypotrophie.

Il convient donc de traiter et de surveiller attentivement toutes les femmes présentant une HTA gravidique. Les grossesses ultérieures seront tout aussi surveillées, l’HTA pouvant apparaître à nouveau.

Vous avez eu lors de votre grossesse une hypertension et fort heureusement votre bébé est né en bonne santé avec une discrète prématurité de trois semaines. Vous ne parlez pas de son poids et je ne peux donc pas juger d’une éventuelle hypotrophie associée.

A deux ans vous la considérez comme nerveuse et ce terme est peu précis. Vous avez probablement été inquiète durant la période de la grossesse pendant laquelle vous avez été suivie et traitée pour votre HTA, puis inquiète lors de votre accouchement et durant les premiers mois de vie de votre fille et peut être êtes-vous toujours tendue et inquiète à son sujet…

On imagine le retentissement possible de cette tension maternelle sur le fœtus puis sur le bébé.

Pour évaluer cette nervosité et trouver d’éventuelles solutions, je vous conseille de consulter le pédiatre de votre fille, il pourra vous éclairer et si nécessaire vous guider vers une prise en charge adaptée.

 

Docteur Salomon-Pomper, la Pédiatre

 

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